Après des adieux vite faits à leur famille commence un long vol en classe éco pimenté par le Lily-Mary's show ("Putain fait chier de devoir prendre un avion de ligne, la peinture de ce foutu jet est pas encore sèche, moi j'ai les pieds qui gonflent dans les avions de ligne... blablabla") qui a failli leur valoir un parachutage express par le hublot tellement Léa en avait marre. Elles se retrouvent enfin à la sortie de l'aéroport de Las Vegas, en ce début de nuit de printemps. La Ville du Péché, toute proche, scintille de tous les feux de ses immenses buildings et de ses fêtes jusqu'au bout de la nuit, dans lesquelles nos trois héroïnes comptent bien taper l'incruste. Léa et Marie restent là, sur le parking, à se répèter "oh bordel on est aux States c'est trop énorme" alors que Leslie a déjà repris ses esprits et appelle un taxi. Il n'y a plus qu'une place dans le premier qui arrive, et elles doivent confirmer leurs réservations à l'hôtel avant vingt heures, sachant qu'il est dix-neuf heures trente. Du coup, après tirage au sort à pierre-papier-ciseau, Léa monte dans la voiture, plantant là Leslie et Marie qui se tapent d'attendre toutes seules. Léa boude un peu de devoir arriver à l'hôtel sans ses copines, mais une surprise l'attend dans la voiture... Elle s'asseoit, pose son sac sur la plage arrière en assommant à moitié son voisin de taxi, s'excuse vite fait sans le regarder, et donne sa destination au chauffeur. La voiture part, Léa fait coucou à ses copines. Elle regarde enfin autour d'elle, et hallucine grave en voyant son voisin de taxi en train d'essayer de se remettre du coup de sac. Elle le fixe tellement que même si sa vue est encore floue après le coup, celui-ci finit par lui demander le plus gentiment qu'il peut :
voisin de taxi : Ya un problème ?
Léa : Mais... Mais... Attends... Oh non j'y crois pas ! Tu es RYAN ROSS ?? (
voix qui part en live dans les aigus)
Ryan (
qui a un peu peur) : Euh oui.... Et toi t'es une groupie, je me trompe ?
Léa (
essayant de se contrôler et de mentir proprement) : Non ! Enfin, si ! Je veux dire si, tu te trompes ! J'aime bien la musique que tu fais avec ton groupe, c'est tout !
Ryan (
sourire chou) : J'adore les gens qui montrent qu'ils m'aiment bien en me balançant leur sac par la tronche...
Léa : Ah oui, pardon !! Je t'ai pas fait trop mal j'espère ? Je suis vraiment un boulet...
Ryan : T'inquiète, moi aussi en général. Une fois pendant un concert, j'ai emmêlé les cheveux d'une danseuse dans les cordes de ma guitare sans faire exprès !
Léa : Ahahahaaaa oui je m'en souviens !
Ryan : ?
Léa : Enfin j'ai vu ça sur internet, je veux dire !
Ryan : Ah, d'accord ! T'as l'air marrante toi ! (
il mate Léa) Et... T'es toute seule à Las Vegas ?
Léa (
qui hésite grave et aimerait bien dire qu'elle est toute seule) : Ben... euh... non, je suis avec deux copines.
Ryan : Ca vous dirait de venir voir notre show demain soir ? On joue au Bellagio. Je dois avoir des invites quelque part, je savais pas quoi en faire...
Il cherche dans les poche de sa veste, puis dans les froufrous de sa chemise et dans son slim mais il arrive même pas à mettre la main dedans tellement il est serré, puis finit par sortir son sac à main. Il déballe trois tonnes de maquillage, onze écharpes plus louches les unes que les autres, et trouve enfin les invites. Il les file à Léa, qui les prend en tremblant.Ryan (
il rougit un peu) : ça me ferait vraiment plaisir que tu viennes...
Léa (
qui elle est rouge comme une tulipe depuis le début et n'en est plus à ça près) : Ah euh ça me ferait plaisir de venir aussi... Enfin, si toi tu veux bien, je veux dire!
Ryan : Mais oui, je te jure je serais super content !
Gros blanc. Soudain, le chauffeur du taxi prend un virage à gauche un peu à l'arrache, si bien que Léa, qui a oublié d'attacher sa ceinture avec toutes ces émotions, se retrouve dans les bras de Ryan. Ils se regardent, troublés, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre. Ryan hésite, et remet doucement Léa à sa place. Puis Ryan toussote et regarde ses pieds. Léa regarde par la fenêtre, sans savoir quoi penser ni si elle sera capable de penser à nouveau un jour. Le taxi s'arrête.Léa : Ah, je crois que c'est mon hôtel. Bon ben, à... à plus, alors !
Ryan : Tu t'appelles comment au fait ?
Léa : Léa.
Ryan (
il sourit) : Léa... C'est très joli.
Léa rougit encore un peu plus, farfouille dans son sac et finit par sortir son porte-monnaie, mais Ryan tend déjà un gros billet au chauffeur. Ryan : C'est moi qui invite. Pour te remercier de m'avoir rencontré.
Léa se dit que c'est déjà arrivé qu'on lui paye le bus, le resto ou le ciné, mais que le taxi, c'est une première. Elle ouvre la portière, lance un dernier regard à Ryan qui la voit partir sans oser dire ou faire quelque chose pour la retenir, puis elle s'enfuit vers la porte de l'hôtel, sûre que si elle attend plus elle sera incapable de s'en aller.Ryan : Léa ! LEA !
Léa se retourne, pleine d'espoir.
Ryan (
penché à la portière) : Tu... tu oublies ton sac.
Léa revient, prend son sac que Ryan lui tend. Sa main frôle celle de Ryan. Il lui fait un dernier sourire, murmure "A bientôt, Léa", puis il ferme la portière. Léa se retrouve comme une truffe à regarder le taxi partir au milieu de toutes les autres voitures. Elle n'en revient pas et a du mal à croire que ce n'était pas un rêve. Mais les invitations qu'elle tient toujours serrées dans sa main lui prouvent que tout est bien réel....